Humeur

Mon parcours d’études: Burn-out, réorientation ?

by Magaly / 6 months ago

J’ai décidé de vous parler de mon parcours d’études et des difficultés auxquels j’ai fait face durant celui-ci. Je vous fais part de mon expérience, de mes doutes et de mes remises en question.

Mes débuts en étude de médecine

D’aussi loin que je me souvienne j’ai toujours voulu travailler dans le milieu médical. C’est donc sûre de moi qu’arrivée en fin de Terminale je me suis inscrite en Première Année Commune aux Etudes de Santé dans l’optique de poursuivre un cursus dans les sciences maïeutique et devenir sage-femme.
Parallèlement à la fac j’étais inscrite dans une prépa. Fin août j’ai commencé mon cursus post-bac. Je ne le savais pas mais j’étais partie pour deux années de stress, de pression, de joie, de déception mais surtout de bonheur et de fierté en fin de parcours.

Alors oui, je ne vais vous cacher la difficulté de la PACES, l’ambiance est tendue, je me levais à 6h le matin, partais à la fac pour y être à 8h et finissais mes cours à 12h. Je prenais une heure de pause pour manger, moment privilégié entre ma salade du Crous et moi-même. Vers 13h je partais soit à la bibliothèque, soit à la prépa pour travailler jusqu’à 18h. Je rentrais ensuite chez moi, me reposais, mangeais, me douchais jusqu’à 20h30 et je relisais quelques cours jusqu’à 22h avant d’aller me coucher. Mes journées étaient millimétrées. Ayant raté ma première PACES de peu (bonjour ma première grosse déception)  j’ai vécu ce rituel pendant deux ans.  Après des crises de larmes, des moments de doute, de remise en question : Hallelujah ! Je reçois ENFIN le Saint Graal : mon passage en deuxième année de sage-femme. Je me souviens encore du moment vécu avec ma mère, mon père et ma sœur à l’annonce du résultat. Nous étions tous les quatre et nous avons tous pleuré quand nous avons vu le mot « ADMIS ». Deux ans de travail acharné pour enfin intégrer un cursus qui me faisait rêver !

 

L’école de sage-femme

Et voilà comment à la rentrée 2015 je me suis retrouvée à l’école de sage-femme de Lyon Sud. L’après PACES était un moment assez particulier, après deux ans de travail acharné et à laisser ma vie sociale de côté, je me suis laissée un peu aller…. A la fin de ma première année d’école, je me retrouvais avec 10 rattrapages, la rançon d’une année de relâchement. En une semaine, j’ai dû retravailler tous mes UE et repasser les examens que j’avais réussis. A l’inverse, j’avais effectué des stages en milieu hospitalier qui se passaient très bien. Mais je commençais à me poser des questions sur mon orientation. Bien que mes rapports de stage étaient bons et que j’adorais le contact avec les patients et leur famille, je ne me sentais pas à ma place dans ce milieu. En discutant avec mes parents, je me disais que ce n’était qu’une passade et qu’il fallait peut-être que je persévère et que je vois l’année suivante.

Durant ma deuxième année d’école, je m’étais remotivée et avais passé facilement mes examens. Mes stages se passaient toujours bien, j’avais de bons retours des professionnels et des patients. Mais pour selon, je n’arrivais pas à me projeter dans ce métier. J’ai validé mon année et durant l’été j’ai énormément réfléchi. D’un côté je ne me voyais pas sage-femme, mais de l’autre côté je ne me voyais pas faire autre chose. C’est là où à doucement commencer mon mal-être.

 

Le début de l’angoisse

Pendant les vacances d’été, je n’avais plus d’appétit et j’ai perdu 6kg en très peu de temps, je ne dormais plus et j’avais une boule d’angoisse permanente au niveau du thorax. Je me sentais oppressée et bloquée. Je ne comprenais pas forcément ce qu’il se passait. J’appréhendais énormément le début de ma troisième année d’école et ne voulais pas y aller. Après une bonne dose de motivation, je suis allée à ma rentrée et ai commencé mon année. J’allais à reculons en stage, j’avais la boule au ventre à chaque début de garde et je comptais les heures de ma journée. Lorsque je rentrais chez moi je pleurais, je n’arrivais pas à m’expliquer ce qu’il m’arrivait, j’étais toujours triste, une envie de pleurer permanente, un vide qui m’envahissait. Je ne voulais plus rien faire, j’annulais toutes mes sorties au dernier moment et restais cloîtrée dans 20 mètres carrés d’appartement.

Un matin en me levant j’ai appelé ma mère et je lui ai dit que je ne pouvais plus et que je n’y arrivais plus. Le soir même j’étais chez mes parents. J’ai été mis en arrêt pour burn-out. Pour moi, il était hors de question de retourner à l’école et ni-même d’en entendre parler. Après quelques semaines entourée de ma famille, j’allais mieux. Je recommençais doucement à reprendre de l’appétit et avoir le goût des sorties. A ce moment-là j’avais convenu avec l’école de suspendre mes études le temps que j’aille mieux et d’y voir plus claire.  Mais intérieurement je savais déjà ce qu’il en était. J’ai pris une des décisions les plus difficiles pour moi, celle d’arrêter mes études de sage-femme. Remettre en question ce que j’avais toujours voulu faire a été compliqué…. J’avais idéalisé un métier, en effet, et en ayant fait de nombreux stages je voyais que cela ne me correspondait pas. Etant une personne assez sensible je n’arrivais pas à faire face à certaines situations que j’avais pu voir en stage. D’autant plus que je ne me sentais pas bien dans ces études. Ce choix j’ai dû l’annoncer à mes parents. Ce fût un moment compliqué pour moi et pour eux. Je voulais juste prendre du recul et réfléchir à ce que je réellement faire.

 

Reconstruction et réorientation

C’est ainsi que j’ai décidé de faire un Service Civique. Je pourrais d’ailleurs faire un article dessus si cela vous intéresse. Mon service civique s’est fait au sein de l’association AFEV et a duré 7 mois. Je travaillais au sein des écoles maternelles et élémentaires en proposant des activités autour de la littérature aux enfants. C’est durant mon engagement que je me suis rendu compte que travailler avec les enfants me plaisait. J’ai donc fait mes démarches pour pouvoir intégrer le master où je suis actuellement.

Mon nouveau cursus me convient beaucoup mieux, je suis heureuse dans ce domaine, j’arrive à me projeter sur mon avenir professionnel, je ne vais pas en stage avec la boule au ventre, il m’a donné l’opportunité de partir en Equateur et j’envisage de nouveaux projets comme l’humanitaire.

Je voulais partager avec vous mon expérience. De nos jours, il y a de plus en plus de burn-out, il touche aussi bien les travailleurs que les étudiants. Ce n’est pas une pathologie à prendre à la légère, il est synonyme d’un mal-être et il est important d’avoir une prise en charge adaptée. Il ne faut pas hésiter à en parler à son entourage et ne pas rester isolé. J’ai eu la chance d’être bien entourée durant cette période et je remercie encore les personnes qui étaient là. Je n’ai pas honte d’en parler et suis plutôt fière d’être sortie de cette mauvaise période.

 

Comme le dit le célèbre dicton français « Après la pluie vient le beau temps ». Il faut y croire et croire en vous. Il ne faut pas avoir peur de remettre en question des choix que nous avons pu faire et d’y remédier si nous sommes malheureux. Si vous voulez vous aussi partager votre expérience, périodes sombres, réorientations n’hésitez pas ! Cela peut vous soulager mais cela peut aussi en inspirer d’autres. Belle journée à vous !

 

Crédits photos site Pixabay par @Pexels, @IsDiva

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2 comments on “Mon parcours d’études: Burn-out, réorientation ?

  1. Hello!
    Joli article :). Je pense que de plus en plus de personnes réalisent que décider quoi faire de sa vie à 17 ans est un peu utopique. J’ai moi-même fait des études de commerces, pour au final, ne pas travailler dans ce milieu.
    Je n’ai jamais idéalisé le commerce (parce que bon, en fait j’idéalisais un autre travail ahah), mais je comprends que cela a du te faire beaucoup de peine d’abandonner ce rêve que tu avais.
    Bon courage pour la suite 🙂

    • Coucou,
      Je suis curieuse de savoir dans quoi tu t’es reconvertie si ce n’est pas indiscret 🙂
      Je suis tout à fait d’accord avec toi, il est difficile de faire un choix pour son avenir professionnel en étant au lycée. Je trouve que notre système éducatif ne nous permet de découvrir les différents éventails de métier qu’il peut exister. Plus je vais en grandissant, plus je me rends compte que dans mon entourage nombreux sont ce qui se sont réorientés à un moment.
      Merci pour ton commentaire,
      Bonne journée 🙂

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